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Arts Magazine International N°04

Janvier 2017. Version numérique

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Arts Magazines International N°4

Version numérique

100 pages

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Description

«Chercher ne signifie rien en peinture. Ce qui compte, c’est trouver»

N’en déplaise à Picasso, les artistes sont le plus souvent des chercheurs. On a du mal à le concevoir aujourd’hui, alors qu’un tableau de Claude Monet s’est vendu pour la coquette somme de 81,4 millions de dollars en novembre dernier, mais les impressionnistes ont été violemment rejetés par les critiques de leur époque. Feraient-ils encore scandale aujourd’hui ? Probablement pas, car ce nouveau courant est né de manière plutôt modeste, si l’on en croit Renoir, qui aurait déclaré : «Un matin, l’un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l’impressionnisme était né». Désormais, «faire le buzz» semble faire partie intégrante de la démarche artistique. Ce ne sont ni Paul McCarthy ni Anish Kapoor qui nous contrediront. L’époque où une oeuvre comme L’origine du monde de Gustave Courbet ne se dévoilait qu’aux initiés est bien loin…

Pourtant, une chose n’a pas changé : la production artistique ne peut exister sans un véritable écosystème où cohabitent artistes, marchands, institutions, mécènes, collectionneurs. Les rapports entre l’art et l’argent sont incroyablement complexes et, sur ce sujet, les positions sont souvent aussi tranchées qu’irréconciliables. La culture est-elle un bien commun qui doit être financé par la collectivité ? Un interventionnisme public, bien dans la tradition française, mais de plus en plus difficile à soutenir en ces temps de disette budgétaire. La place de plus en plus importante du secteur privé n’est elle pas la cause de la folie spéculative qui propulse certaines oeuvres à des niveaux stratosphériques ? À quel point le financement de l’art écrit-il l’histoire des oeuvres qui passeront à la postérité, et ce avant même leur création ? Autant de questions qui n’ont jamais été aussi présentes dans le débat, mais qui sont aussi le reflet de la richesse du monde artistique.

Car, pour la plupart d’entre nous, qui ne disposons – malheureusement – pas des moyens d’un Bernard Arnault ou d’un David Geffen, l’art peut aussi se vivre au quotidien, plus modestement mais non moins intensément. Visiter les musées, parcourir les allées des foires et salons, se rendre dans les galeries, discuter avec des artistes, démarrer une collection… Autant de plaisirs accessibles à tous, sans beaucoup d’argent ou de culture théorique, mais avec l’envie de découvrir un univers fascinant et enrichissant.