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Arts Magazine International N°01

Juillet-Août 2016

9,50 8,55

Arts Magazines International N°1

Version numérique

100 pages

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Description

«La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert»

Quand on constate tout ce qui est proposé cet été dans l’Hexagone, on ne peut qu’être d’accord avec André Malraux. Une conquête pacifique et accessible à tous, à l’image de la superbe initiative en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées qui accueille onze artistes dans onze sites du patrimoine. La preuve que, loin de s’exclure, la création contemporaine peut – et doit – s’intégrer dans l’histoire et la tradition, loin des polémiques stériles. Comme l’explique Annette Messager, artiste plasticienne dont l’une des oeuvres, Les Enfants aux yeux rayés, avait suscité de nombreuses réactions : «L’art doit questionner et déranger». Même si, il ne faut jamais l’oublier, ce qui peut sembler choquant aujourd’hui sera demain reconnu par tous, à l’image du Street Art, qui a quitté la rue pour envahir les galeries.. et les collections privées.

De tout temps, l’art s’est attaqué à tous les tabous. À commencer par le premier d’entre eux, notre corps. Si, comme l’affirmait Picasso, «le nu se confond avec la substance même de la peinture», les artistes qui s’y sont attaqués ont dû affronter le feu roulant des critiques. Se rappelle-t-on que le Déjeuner sur l’herbe de Manet a fait scandale au Salon officiel en 1863 ? De L’origine du monde de Gustave Courbet aux photos dérangeantes de Cindy Sherman, ces oeuvres nous interrogent dans notre rapport à l’intimité mais aussi sur une certaine hypocrisie sociale. Au-delà de l’esthétisme et de la valeur marchande, qui semblent être l’alpha et l’oméga de l’art aujourd’hui, il faut sans aucun doute privilégier l’émotion.

Car, dans un monde où, comme le note plaisamment Alexandre Millon, le premier marteau de la maison de vente française, «les acheteurs sont plus sensibles aux 5 centimètres carrés de la signature qu’aux 2 mètres carrés de l’oeuvre», il est plus que jamais important de laisser la place à la curiosité et à la passion. Comme la femme d’affaires Danièle Kapel-Marcovici, qui a choisi, louable démarche, d’ouvrir gratuitement sa superbe collection au public, pour «casser le côté élitiste ou intimidant de l’art contemporain», et qui explique son approche avec simplicité : «Je fonctionne au feeling, au fil des découvertes et des rencontres dans les galeries ou les foires d’art contemporain, sans forcément me sentir l’âme d’une découvreuse». Ce que nous pouvons tous faire, quels que soient nos moyens financiers.

Informations complémentaires

DURÉE

1 an, 2 ans