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Arts Magazine International N°18

Juin Juillet. Version numérique

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Arts Magazine International N°17

Version numérique

100 pages

Description

La beauté de l’art est consolatrice

Ce n’est pas un artiste qui l’affirme, mais Jean Jaurès, qui ajoutait «L’oeuvre d’art, quand elle est vraiment belle, est quelque chose de complet, d’achevé. Les siècles en se succédant n’y ôtent et n’y ajoutent rien. Par là, elle nous donne une sensation de plénitude et de sublime repos». Plus les temps sont difficiles, plus la tentation de considérer l’art comme superflu, inutile, anecdotique… est grande. La culture est la première victime des crises, financières mais aussi démocratiques, morales, humaines…

Lorsqu’un peuple doute de lui-même, la culture et l’art sont les premiers à en subir les conséquences. Pourtant, l’art nous permet de voir le monde sous un meilleur jour. Les scientifiques l’ont d’ailleurs démontré : face à une oeuvre d’art, notre cerveau secrète de la dopamine, l’hormone du désir et du plaisir, la même que lorsque l’on est amoureux ! Nathalie Bondil, emblématique directrice – française – du Musée des Beaux-Arts de Montréal, en est convaincue, «l’art fait du bien. Il s’adresse à vos connaissances intellectuelles mais aussi à votre sensibilité et à vos tripes». En 2016, le MBAM a d’ailleurs inauguré un Atelier international d’éducation et d’art-thérapie de 3.600 mètres carrés, un véritable laboratoire du mieux-être.

Et le lieu accueille chaque année plus de 300.000 personnes. Mais l’art nous aide aussi à réfléchir et à nous remettre en question. Nous sommes parfois touchés par une oeuvre qui n’avait a priori rien pour nous séduire, voire même tout pour nous choquer. Auteur de Quand la beauté nous sauve, le philosophe Charles Pépin explique : «L’art nous permet de  nous découvrir beaucoup plus multiples et complexes que prévu. Il nous conduit à sortir de nos crispations identitaires en nous révélant à nous-mêmes plus ouverts et plus riches».

Une expérience qui ne peut que nous être bénéfique, pour notre santé mentale. Car, au-delà du plaisir, indéniable, puissant, incomparable, s’ouvrir à l’art est une véritable démarche de vie. «Il y a un siècle, les gens n’étaient pas persuadés que le sport était bon pour la santé. Nous nous trouvons dans le même cas de figure aujourd’hui avec les oeuvres d’art», affirme Nathalie Bondil. Suivons cet excellent conseil. Multiplions les occasions de nous confronter à l’art, à tous les arts, dans tous les lieux, en sortant de nos zones de confort. En art, il n’y a pas de bonnes réponses, il n’y a que de bonnes questions.

Gabrielle Gauthier
Rédactrice en chef