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Arts Magazine International N°17

Mai Juin 2018. Version numérique

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Arts Magazine International N°17

Version numérique

100 pages

Description

«Un tableau ne vit que par celui qui le regarde»

Comme nous le rappelle Pablo Picasso, si le travail de l’artiste est souvent solitaire, une fois achevée, une oeuvre a vocation à devenir publique, même si toutes ne finiront pas sur les murs d’un musée. Car, pour trouver un acheteur, il faut que l’oeuvre soit vue par le plus grand nombre. Et même après, elle n’est pas pour autant condamner à l’anonymat. De grands amateurs comme François Pinault (le Palazzo Grassi à Venise) ou Bernard Arnault (la Fondation Louis Vuitton) ont choisi de rendre leurs col­lections personnelles accessibles au plus grand nombre. Et, plus modestement, Nicolas Laugero Lasserre, fondateur de la galerie Artistik Rezo, a choisi d’exposer les quelques 150 oeuvres d’art urbain de sa collection personnelle dans les locaux de l’École 42, ce haut lieu de la formation informatique parrainée par le fondateur de Free, Xavier Niel.

Encore plus originale, Laure Flam­marion a organisé l’année dernière «Matin, Midi et Soir», une exposition «où tout est à acquérir, mais où rien n’est à vendre». Les visiteurs de la galerie Rue Visconti pouvaient repartir avec l’une des 79 oeuvres présentées, signées par Françoise Pétrovitch, Sophie Calle, Ben, Valérie Mréjen, Gérard Traquandi et de nombreux jeunes artistes, à condition d’offrir en contrepartie tout sauf de l’argent : une robe sur-mesure réalisée par une styliste, une consultation juridique, un cours de scénario, une année de lecture, une semaine dans un studio à Lisbonne… Pour Laure Flammarion, l’idée est de créer un lien différent entre les artistes et les acquéreurs.

Dans le même esprit, les artothèques, privées ou associatives, qui permettent de louer ou d’emprunter des oeuvres d’art, se multiplient. Comme le note le créateur de l’une d’entre elles, Artoteka, Olivier Biarrotte-Sorin, «C’est quand même mieux que les créations entrent dans le quotidien des gens plutôt que de rester au fond d’un placard». Plus traditionnels, les salons et les foires sont aussi l’occasion de partager autour de l’art. Pour Christiane Michel, fondatrice de Sm’Art, dont la 13ème édition va ouvrir ses portes à Aix, «Les gens sont aussi de plus en plus demandeurs d’une relation directe, d’un contact. C’est important de retrouver la dimension de l’échange». Une dimension à laquelle ARTS MAGAZINE International est naturellement attaché, avec l’ambition de créer un lien entre les artistes, les professionnels et les amateurs que nous sommes tous, au premier sens du terme, ceux qui aiment.

Gabrielle Gauthier Rédactrice en chef