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Arts Magazine International N°13

Décembre 2017. Version numérique

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Arts Magazines International N°13

Version numérique

100 pages

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Description

«Il faut faire les choses jusqu’au bout»

Une affirmation de Fernando Botero, qui ajoutait : «On ne peut pas terminer sans avoir commencé. Pour cela, il n’y a pas de meilleur exemple que
Picasso». Un artiste cité aussi par Gary Grauzam, fondateur de la société We Art Partners, qui accompagne particuliers et entreprises dans la constitution de leur collection : «Je trouve que son oeuvre est complète et parfaite. Il n’y a pas une période qui n’ait pas été traitée de façon grandiose».
Une volonté, un besoin d’absolu que l’on retrouve aussi dans la carrière et la vie de Pierre Bonnard, toujours en quête d’absolu et de perfection, à
tel point qu’il lui arrivait de retoucher ses toiles une fois celle-ci achetées et exposées dans un musée. En 1943, un journaliste racontait ainsi une savoureuse anecdote : «Au musée de Grenoble puis au musée du Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d’un gardien d’une salle à l’autre, de sortir d’une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d’un bout de pinceau, d’améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir».
Mais l’Art est aussi l’expression d’une individualité, ainsi que l’exprimait Verlaine : «L’art, mes enfants, c’est d’être absolument soi-même». Peu
importe ce que l’on choisit comme sujet, comme technique, comme medium…
Le véritable artiste ne triche pas. Même lorsqu’il travaille sur commande, comme Michel-Ange ou David (ce grand admirateur de Napoléon, un sujet auquel le Musée des Beaux-Arts d’Arras consacre une superbe exposition), c’est bien son imaginaire, son talent, sa créativité propre qui impriment leurs marques.
Une démarche qui ne peut pas être trop intellectualisée, comme l’affirmait César, auquel le Centre Pompidou consacre une belle rétrospective : «Je
n’ai pas d’imagination. Elle ne me vient qu’avec le toucher et les yeux.
Sans ces deux éléments, le cerveau ne fonctionne pas».
C’est cette spontanéité qu’il nous faut aussi conserver en tant qu’amateur et spectateur. La connaissance et l’analyse ne doivent venir qu’après le choc émotionnel que l’oeuvre provoque chez nous. Loin du «culturellement correct», nous nous devons, et nous devons aux artistes, d’être, nous aussi, «absolument nous-mêmes» tout en conservant l’esprit le plus ouvert.

Gabrielle Gauthier
Rédactrice en chef